Découvrir le Judaïsme

Introduction

Le Judaïsme est la religion des Juifs et la première des trois grandes religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam) à avoir professé la foi en un Dieu unique et transcendant, qui s’est révélé pour la première fois au patriarche hébreu Abraham.

Les Juifs sont le peuple élu, choisi par Dieu.

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« Désormais, si vous êtes dociles à ma voix, si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples ! Car toute la terre est à moi, mais vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte. Tel est le langage que tu tiendras aux enfants d’Israël. » (Exode 19 : 5, 6)

« Car tu es un peuple consacré à l’Éternel, ton Dieu, et c’est toi qu’il a choisi, l’Éternel, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre. » (Deutéronome 14 : 2)

Cette foi s’exprime par une prière récitée plusieurs fois par jour comme profession de foi, Shema Israël.

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Le nom de Dieu le plus fréquent dans la Bible juive est Yahvé ce qui signifie « il est » en hébreu. Il s’écrit encore YHWH, forme consonantique imprononçable, car les Hébreux croyaient à l’interdiction de prononcer le nom sacré de Dieu.

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Le judaïsme se distingue par l’absence de clergé hiérarchique ; les rabbins, interprètes des textes, ne sont pas des représentants de Dieu, et leur fonction n’est pas sacrée, car pour les juifs la relation avec Dieu est directe.

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La principale source de la foi juive est la Bible dite hébraïque correspondant, pour l’essentiel, à ce que les Chrétiens appellent l’Ancien Testament. Elle se compose de 24 livres divisés en trois parties : la Loi de Moïse ou Pentateuque (Torah), les Prophètes (Nebiim) et les Écrits ou Hagiographes (Ketoubim).

La Torah

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La Torah qui signifie « doctrine, Loi », comprend les 5 premiers livres de la bible. Elle est considérée comme la première révélation, éternellement valable, de Dieu et de sa Loi à l’humanité.

C’est dans la Torah que se trouve le Décalogue, les dix commandements, base morale de toutes les autres lois juives et de la morale chrétienne.

Les commandements ont été dictés à Moïse sur le mont Sinaï. Ils ont été gravés sur deux tables et conservés dans l’Arche d’Alliance jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem en 70 après J.-C.

La loi orale

Il existe aussi une Loi dite « orale », dont la tradition fait remonter l’origine à Moïse, la Torah ne donnant pas toutes les précisions nécessaires pour la mise en pratique de nombreux commandements.

Transmise de génération en génération et sans cesse enrichie de nouvelles interprétations, cette loi vivante constitue l’âme vigilante d’Israël, toujours capable de faire face aux situations et aux questions inédites.

Au cours des siècles, ces commentaires ont toutefois reçu une certaine forme de cristallisation écrite ; le Talmud.

Le Talmud

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Le Talmud (la Loi orale) est le recueil principal des commentaires de la Torah (la Loi écrite), dont il est à la fois l’interprétation juridique (la Halaka) et l’interprétation éthique et homilétique (la Aggada).

Le Talmud est constitué de deux écrits : la Mishna et la Gemara.

Le Talmud nous enseigne qu’il existe 613 Mitsvot (commandements) dans la Torah. 248 sont positifs (faire quelque chose) et 365 sont négatifs (ne pas faire quelque chose).

La Mishna

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Compilation des commentaires rabbiniques sur la Torah qui compte 63 traités.

La Gemara

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Mot araméen signifiant complément, achèvement et qui désigne la seconde partie du Talmud.

Dogmes

La profession de foi juive est la parole de Moïse : « Écoute Israël, l’Éternel notre Dieu, l’Éternel est Un. ». C’est l’affirmation fondamentale, celle du monothéisme.

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L‘essence divine échappe aux hommes. La Bible met l’accent sur les attributs moraux de Dieu : sainteté, amour, bonté, justice, clémence, longanimité.

Dieu a créé le monde par bonté. La charité ne pouvant à elle seule assurer le maintien de la société humaine, la Bible insiste sur la nécessité de la justice.

L’humanité constitue une grande famille entièrement issue d’un seul couple : Adam et Ève, tous deux créés par Dieu.

Adam a été formé avec de la poussière dans laquelle le Créateur a fait pénétrer un souffle de vie.

Lhomme est spirituellement à l’image divine. Il est doué du libre arbitre, mais la Torah l’adjure de faire toujours le bien. S’il pèche, il peut obtenir le pardon divin par lui-même, sans l’intermédiaire d’un médiateur, uniquement par le repentir sincère, par la réparation du mal causé et par l’amélioration de sa conduite.

La récompense et le châtiment des actions humaines ont lieu dans cette vie terrestre et dans la vie spirituelle après la mort. L’âme est immortelle. La félicité éternelle consiste dans la vision béatifique des perfections divines.

À la fin des temps, l’humanité toute entière connaîtra le bonheur de l’ère messianique.

La croyance en la venue d’un Messie est une source d’espoir pour les juifs : il établira l’ère de la justice et reconnaîtra les droits d’Israël.

Descendant de David, le Messie ne sera pas un être divin, mais un homme sur qui « reposera l’esprit de Dieu, esprit de sagesse et d’intelligence, de conseil et de force, de science et de crainte de Dieu ».

Les hommes vivront dans la concorde, unis par la croyance au Dieu unique : « Les glaives deviendront des socs de charrue, les lances des serpettes et l’on n’apprendra plus l’art de la guerre. »

L’alliance avec Dieu

La religion juive se présente comme une alliance de Dieu avec les patriarches et leur postérité (les Hébreux puis les juifs), choisis par Dieu pour répandre son culte parmi les peuples, et cette alliance comporte de la part des enfants d’Israël l’engagement d’être fidèles à Dieu et à sa Loi.

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La religion juive est orientée vers l’action, l’accomplissement de la volonté divine.

Les devoirs envers Dieu peuvent se résumer dans ces deux textes de la Torah : « Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir » ; « Soyez saints, car je suis saint, Moi, l’Éternel, votre Dieu. » D’où le culte, les lois de pureté, la circoncision, les prescriptions alimentaires.

Les devoirs envers les hommes découlent du verset de la Torah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », et par le mot « prochain » il faut entendre aussi l’étranger, comme le précise cet autre verset figurant dans le même chapitre de la Torah : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même. » De là, les multiples prescriptions charitables et sociales, telles que l’obligation de venir en aide à autrui, de laisser aux pauvres lors de la moisson le coin du champ, de leur permettre de suivre les moissonneurs pour ramasser les gerbes tombées, etc.

Mais la Torah n’est pas seulement un recueil de préceptes religieux et moraux, c’est aussi une législation destinée à un peuple nouvellement constitué, qui, libéré de la servitude d’Égypte, doit créer toutes ses institutions.

Elle contient donc des lois relatives à l’application de la justice, au traitement des esclaves, à la conduite de la guerre, etc.

Pratiques religieuses

Le sabbat

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L’observation du sabbat, jour de repos hebdomadaire (correspondant au samedi), est un commandement. Le sabbat et les fêtes sont observés tant au domicile qu’à la synagogue, institution unique pour la prière et l’instruction.

La circoncision

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Le huitième jour après leur naissance, les enfants de sexe masculin sont circoncis, ce qui consiste à trancher la chair de leur prépuce.

En hébreu, le mot circoncision signifie « alliance » : cette cérémonie est le signe de l’entrée de l’enfant juif dans l’alliance avec Dieu. Les garçons reçoivent leur nom durant cette cérémonie, et les filles au cours d’un service à la synagogue.

La Bar-Mitsva

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À l’âge de 13 ans, le garçon est jugé mûr pour entrer dans la communauté religieuse adulte. Il fait alors sa bar-mitsva (signifiant « fils de la bonne action »), cérémonie où il doit lire à haute voix et sans erreur un passage de la Bible au cours d’un office.

Une cérémonie analogue pour les filles (bat-mitsva) est une innovation récente. Quelque peu plus ancienne est la cérémonie de confirmation, introduite pour les deux sexes par le judaïsme réformé et concernant généralement une promotion scolaire.

L’étude et la prière

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L’étude comme la prière quotidienne sont au nombre des rites religieux individuels. Les juifs récitent aussi de nombreuses bénédictions en remerciement de l’origine divine de toute chose.

C’est le cas, en particulier, avant et après les repas, avant la lecture de la Loi, au retour d’un voyage, lors de l’acquisition d’un nouveau vêtement ou à la vue d’un spectacle (l’arc-en-ciel par exemple).

Le Mariage

48 heures avant le mariage, la fiancée doit prendre un bain d’eau naturelle appelé mikvé pour se purifier. À l’issue du rituel, un certificat est délivré à la future mariée.

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La cérémonie du mariage se déroule traditionnellement à la synagogue. Avant de s’unir, les futurs mariés doivent étudier la Niddah qui regroupe les lois de la famille et régit les droits et les devoirs des mariés.

Le mariage a lieu sous un dais nuptial, appelé la houppa, qui symbolise le futur foyer du couple. Selon les rites hassidique, ashkénaze et orthodoxe, la fiancée tourne autour de son futur époux sept fois.

Les témoins du mariage juif sont au nombre de deux. Ce sont obligatoirement des hommes juifs pratiquants. Ils ne doivent avoir aucun lien familial avec les mariés.

Le futur marié arrive en premier sous la houppa portant un tallith, une écharpe de soie, et récite des prières. Les familles des mariés arrivent à leur tour avant la future mariée.

Houppa

Deux coupes de vin sont utilisées durant la bénédiction du rabbin. Elles sont partagées entre les futurs mariés avant l’échange des alliances qui précède le chant des sept bénédictions.

Lorsqu’il passe l’anneau à l’index de la main droite de son épouse, le marié prononce ces mots: « Par cette bague, tu m’es consacrée selon la loi de Moïse et d’Israël ».

La ketouba est le contrat de mariage juif. Elle est conservée, parfois même encadrée dans le foyer des mariés toute la durée de leur union.

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À la fin du mariage, le marié brise un verre avec son pied droit en souvenir de la destruction du temple d’Israël. Les invités s’écrient alors en choeur « Mazel Tov », littéralement « bonne chance ».

Le calendrier juif

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Le calendrier religieux juif, d’origine babylonienne, compte 12 mois lunaires, soit environ 354 jours. Au cours d’un cycle de 19 années, on ajoute six fois un treizième mois afin de faire coïncider ce calendrier avec l’année solaire. Le jour se déroule de coucher du soleil à coucher du soleil, comme les fêtes, suivant en cela l’ordre de la Création.

Le sabbat et les fêtes juives commencent le soir pour finir le lendemain à la tombée de la nuit. Dans le récit de la Genèse, à propos de chacun des jours de la création, il est écrit : « Il fut soir et il fut matin. »

Les fêtes religieuses

Les jours fériés et les fêtes prescrits dans la Torah sont répartis en deux séries : les deux jours de « solennité austère » et les fêtes joyeuses.

Rosh ha-Shana

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Le Nouvel An (Rosh ha-Shana), à l’automne, inaugure dix jours d’examen moral personnel.

Yom Kippour

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Le Nouvel An (Rosh ha-Shana) est clos par le jour de l’Expiation, ou Grand Pardon (Yom Kippour), le plus saint du calendrier juif : des lamentations (prières et pénitence) doivent purifier le croyant à son entrée dans la nouvelle année.

Pessah

Parmi les fêtes joyeuses, la Pâque (Pessah) commémore la sortie d’Égypte et l’exode dans le désert du Sinaï.

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Le seder est le repas rituel qui marque le début de la Pâque juive.

Shavouot

décalogue

Cinquante jours plus tard est fêtée la Pentecôte (Shavouot), en souvenir du don du Décalogue. A cette occasion, une nuit entière d’étude est organisée.

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Les Tabernacles (Soukkot) rappellent pour leur part le séjour de quarante ans dans le désert après la sortie d’Égypte.

soukkot

Hamoukka

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D’autres célébrations datent d’après l’Exil. À la fête des Lumières (Hanoukka), un chandelier est allumé huit jours durant, en hommage à la libération du Temple de Jérusalem par Judas Maccabée.

Pourim

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Les réjouissances populaires et les déguisements de la fête des Sorts (Pourim) célèbrent la délivrance des juifs de Perse, sauvés grâce à la reine Esther.

Ticha be-Ab

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En revanche, le jeûne du Ticha be-Ab (le 9 du mois d’Ab) commémore les deux destructions du Temple.

La récitation du Kaddish

La récitation du kaddish par les parents des défunts remonte au Moyen Âge. Elle-même bien plus ancienne, cette bénédiction rituelle exaltant la sainteté du jour était, à l’origine, la conclusion d’un sermon. L’esprit de cette prière rappelle le Notre Père des chrétiens. Après les événements tragiques de la première croisade, les juifs d’Europe centrale, puis ceux d’Europe de l’Est, ont introduit un service commémoratif à l’occasion du Yom Kippour et d’autres fêtes. Dès lors, ils ont célébré aussi l’anniversaire de la mort des parents.

Culte

La liturgie israélite prescrit trois offices quotidiens pour les jours ouvrables : matin (shaharith), après-midi (minha) et soir (arbith).

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Les sabbats, les jours de fête et de néoménie, un office supplémentaire (moussaf) suit immédiatement shaharit. Exceptionnellement, le jour de l’Expiation, un cinquième office (neïla), placé après minha, clôt la solennité religieuse.

Chaque service public du culte s’achève par la proclamation de l’espérance d’Israël ; d’une part, avec la prière de Alenou, où se trouve la prophétie de Zacharie « En ce jour l’Éternel sera un et son Nom sera un », annonçant la conversion du genre humain au Dieu unique ; d’autre part, avec le kaddish, demandant à Dieu de hâter l’avènement de son règne sur la Terre.

Symboles et prescriptions

Kacher

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Les prescriptions alimentaires sont communément observées. Le terme kacher (« licite, conforme ») désigne la nourriture propre à la consommation pour les juifs. Il leur est, en effet, interdit par la Bible de manger certains animaux, les autres devant être abattus et accommodés selon des règles précises.

Tefillin

tefillin

Parmi les objets-signes, on distingue les tefillin, ou phylactères, que les hommes pratiquants portent lors des prières du matin. Il s’agit de deux petits étuis en forme de cubes, contenant des passages de la Bible et que l’on fixe en haut du front, sur le bras gauche ou contre le cœur.

Talith

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Les hommes portent aussi le châle de prière (talith), comme aux jours de fête et au sabbat. Ce châle est blanc, bleu et blanc, ou noir et blanc, et se prolonge en quatre franges de lin.

Mezouza

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Les juifs qui respectent la tradition fixent encore sur les montants de leurs portes une Mezouza, petite boîte renfermant un rouleau de parchemin qui contient des passages de la Torah.

Kippa

kippa

Partout dans le monde, la coutume prescrit de se couvrir la tête en signe de crainte de Dieu et de reconnaissance de sa présence. Aussi les juifs portent-ils la kippa (calotte) ou un chapeau.

Menora

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Des deux symboles qui caractérisent le judaïsme, l’un est très ancien et l’autre récent. Le chandelier à sept branches, la menora, est déjà décrit dans la Bible. C’est un objet de culte, à la fois symbole national et religieux.

L’étoile de David

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De date récente (19e siècle), l’étoile de David, à six branches et constituée de deux triangles opposés et entrelacés, était à l’origine étrangère au judaïsme. Elle a été utilisée par les nazis pendant la Shoah comme signe diffamant d’appartenance au peuple juif. L’État d’Israël l’a reprise dans son drapeau.

Le Décalogue (les Dix Commandements)

Exode 20 : 2 – 17.

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2 Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte et de la maison d’esclavage.

3 Tu n’auras point d’autre dieux devant ma face.

4 Tu n’auras point d’image sculptée, toute image soit de ce qui est en haut, au ciel, soit de ce que est ici bas, sur la terre, et ce que est dans les eaux sous la terre.

5 Tu ne te prosterneras pas devant elles, tu ne les serviras pas ; car je suis l’Eternel ton Dieu, Dieu jaloux, se rappelant l’iniquité des pères sur les enfants, jusqu’à la troisième et quatrième génération pour mes ennemis ;

6 Mais faisant miséricorde jusqu’à la millième génération à mes amis et aux observateurs de mes commandement.

7 Tu ne proféreras pas le nom de l’Eternel ton Dieu en vain; car l’Eternel n’innocente pas celui qui profère son nom en vain.

8 Souviens-toi du jour de repos pour le sanctifier.

9 Six jours tu travailleras et feras tout ton ouvrage.

10 Mais le septième jour, repos (consacré) à l’Eternel ton Dieu, tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, mâle ou femelle, ni ton bétail, ni ton étranger qui est en tes portes.

11 Car en six jours l’Eternel a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce que s’y trouve, et s’est reposé le septième ; c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour de repos et l’a sanctifié.

12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l’Eternel ton Dieu te donne.

13 Tu ne tueras point,

14 tu ne commettras point d’adultère,

15 tu ne voleras point,

16 tu ne répondras point contre ton prochain en faux témoin.

17 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son esclave mâle ou femelle, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

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Shema Israël

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Écoute Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est UN.

Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que Je te prescris aujourd’hui soient gravées en ton cœur. Tu les enseigneras à tes enfants, tu en parleras lorsque tu demeureras chez toi comme lorsque tu seras en chemin, à ton coucher comme à ton lever. Tu les attacheras comme signe sur ton bras ; elles seront comme un fronteau entre tes yeux. Tu les écriras sur les linteaux de ta maison et sur tes portes (Deutéronome 6,4-9).

Si vous observez Mes commandements, ceux que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre Dieu et de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme, J’enverrai la pluie sur votre pays en son temps, pluie précoce et pluie d’arrière-saison. Et tu récolteras ton froment, ton moût et ton huile fraîche. Je donnerai de l’herbe à ton champ pour ton bétail. Tu mangeras et tu seras rassasié.

Mais gardez bien votre cœur contre la séduction ; vous pourriez vous dévoyer et servir d’autres dieux, en vous prosternant devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait alors contre vous. Il fermerait les vannes du ciel et il n’y aurait plus de pluie, la terre ne donnerait plus ses fruits et vous disparaîtriez bientôt de ce bon pays que l’Éternel vous a donné.

Placez Mes paroles sur votre cœur et dans votre âme, attachez-les en signe sur votre bras, et qu’elles soient comme un fronteau entre vos yeux. Enseignez-les à vos enfants, parlez-en dans vos demeures comme en chemin, à votre lever comme à votre coucher. Inscrivez-les sur les linteaux de votre maison et sur vos portes. Cela, afin que se multiplient les jours de votre présence et de celle de vos enfants sur la terre que l’Éternel a juré de donner à vos ancêtres, aussi longtemps que le ciel sera au-dessus de la terre (Deutéronome 11,13-21).

L’Éternel S’adressa à Moïse en ces termes : parle aux enfants d’Israël. Tu leur diras de se confectionner une frange aux coins de leurs vêtements, pour toutes les générations. Ils placeront sur la frange, un fil couleur d’azur. Ce sera pour vous une frange [distincte] et, lorsque vous la verrez, vous vous souviendrez de toutes les ordonnances de l’Éternel et vous les accomplirez. De la sorte, vous ne vous laisserez pas égarer par les penchants ni de votre cœur ni de vos yeux, par lesquels vous vous avilissez. Mais qu’à sa vue, vous remémorant tous Mes commandements, vous les exécutiez et deveniez saints pour votre Dieu. Je suis l’Éternel votre Dieu qui vous a fait sortir du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Oui, Je suis l’Éternel votre Dieu (Nombres 15,37-41).

Le Tabernacle

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Sanctuaire itinérant, centre du culte des Hébreux avant la construction du Temple de Salomon, demeure de l’arche d’alliance où étaient déposées les Tables de la loi sur lesquelles sont gravés les dix commandements.

Le Temple de Salomon (Premier Temple)

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Après avoir conquis Jérusalem, David décida d’en faire sa capitale et d’y faire transférer l’arche d’alliance qui se trouvait auparavant à Silo, marquant ainsi la subordination, traditionnelle au Proche-Orient, de son royaume à un dieu. Ce fut lui, d’après le livre des Chroniques, qui choisit l’emplacement du futur sanctuaire, et c’est son fils Salomon qui fit construire l’édifice.

Le livre des Rois (1 Rois, 6) en donne une description. Édifié sur une plate-forme carrée dominant à l’est la vallée du Cédron, le bâtiment était de forme rectangulaire ; il abritait un porche ou vestibule (oulam) qui donnait accès à la salle principale, le hekal, aux murs en pierre recouverts de cèdre. À l’intérieur, l’arche d’alliance était disposée au sein d’un sanctuaire sacré, le debir : elle contenait deux tablettes en pierre déposées par Moïse. Ce premier temple fut dédié vers 970, puis entièrement détruit en 587 av. J.–C. lors de la prise de Jérusalem par le roi de Babylone, Nabuchodonosor II le Grand. À ce moment disparut l’arche d’alliance (2 Rois 25, 8-10).

Le Temple d’Hérode (Second Temple)

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En 539 av. J.–C., Cyrus le Grand conquit Babylone et laissa les Juifs rentrer à Jérusalem, en leur restituant même certains éléments du premier Temple. Aussi, dès leur retour, les Juifs purent reconstruire un autel, mais il fallut attendre 520 av. J.–C. pour que les travaux du second Temple débutent, sous la direction de Sheshbaççar puis de Zorobabel. Le livre d’Esdras laisse entendre que ce nouvel édifice était deux fois plus haut et trois fois plus large que le précédent, sans que rien ne vienne confirmer ces affirmations ; quoi qu’il en soit, le nouveau Temple fut consacré en 515 av. J.–C. Il subit vraisemblablement des assauts lors de divers sièges que vécut Jérusalem puisqu’il fut fortifié vers la fin du iiie siècle av. J.–C. En 168 av. J.–C., il fut profané par Antiochos IV Épiphane, qui éleva en son sein une statue de Zeus. À la suite de la reconquête de Judas Maccabée (164 av. J.–C.), les Asmonéens restaurèrent l’édifice, prolongeant notamment la plate-forme du Temple en 141 av. J.–C. (1 Maccabées 4, 36-59).

La Judée passa sous l’autorité de Rome, qui imposa Hérode le Grand comme roi (40 av. J.–C.). Celui-ci fit élever de nombreux monuments de caractère romain (palais, théâtre, hippodrome…), et mena une politique qui lui aliéna les Juifs ; aussi, afin de les apaiser, il fit embellir et agrandir le Temple. Les travaux de l’esplanade commencèrent en 19 av. J.–C. ; ceux du Temple durèrent, selon l’apôtre Jean, quarante-six ans et employèrent dix-huit mille hommes, pour ne s’achever qu’en 66 apr. J.–C. Le nouveau complexe recouvrait 14 hectares, débordant largement la plate-forme originale sur trois côtés. Ne subsistait de l’édifice antérieur que le portique de Salomon, à l’est. Des parvis successifs, où le judaïsme d’après l’Exil soulignait les différents degrés de sainteté liturgique, entouraient le sanctuaire ; ainsi, une partie de la plate-forme était accessible aux non-Juifs (parvis des Gentils), tandis qu’une partie du parvis était réservée aux femmes. L’on accédait ensuite au parvis d’Israël puis à celui des prêtres, où se pratiquaient les holocaustes. Enfin, le hekal renfermait la menora (chandelier à sept branches), la table des pains d’offrande et l’autel des parfums, mais l’arche d’alliance ayant disparu, seule une dalle de pierre datant de l’époque de David et Salomon y fut déposée : la pierre de fondation.